Réflexions du fauteuil : réflexion sur le conflit de travail au Journal de Montréal
25 01 2009
Ajouté le 26 janvier : la porte-parole de Québécor vient de déclarer au Téléjournal Montréal de Radio-Canada que le Journal de Montréal est encore rentable, mais que sa rentabilité avait baissé de façon importante. Voilà pourquoi Québécor est justifié de vouloir réduire ses dépenses en réorganisant les salles de rédaction de ses médias. Mais ça ne peut pas servir de prétexte pour réduire les salaires et les avantages sociaux négociés de bonne foi par les employés au fil du temps.
___________________
Il y a deux volets dans la négociation qui a dérapé au Journal de Montréal. Les conditions de travail et l’utilisation de la matière journalistique sur toutes les plateformes de diffusion de l’empire Québécor, ce qu’on appelle la convergence.
Au niveau des conditions de travail, il est indéniable que le personnel du Journal jouit de meilleures conditions de la presse écrite au Québec. Par exemple, il n’y a probablement aucun autre groupe de travailleurs de l’information, même de travailleurs tout court, qui ont quatre à six semaines de vacances payées à temps et demie. L’entreprise prétend que ces conditions exceptionnelles ont été acquises à l’époque où le Journal était extrêmement rentable et que ce n’est plus le cas. Le problème, c’est qu’elle refuse de dévoiler la performance financière du Journal pour des raisons de concurrence. Je pense que les conditions de travail, les salaires, les vacances et les avantages sociaux, négociés par les deux parties sont des intouchables à moins que l’entreprise fasse la preuve qu’elles menacent son avenir parce que les conditions du marché ont changé. Québécor refuse de faire cette démonstration et je crois que les employés ont raison de se battre pour conserver leurs acquis. Québécor Média est rentable et rien ne prouve que le Journal de Montréal soit devenu un canard boiteux qui exige qu’on coupe dans les salaires des employés pour éviter la faillite.
Par contre, je ne suis pas d’accord quand les journalistes refusent de laisser Québécor utiliser leurs articles sur d’autres plateformes et permettre la publication dans le Journal d’articles en provenance des autres médias de l’empire. À mon avis, la convergence relève du droit de gérance de l’entreprise. Les journalistes salariés n’ont pas de droit d’auteur sur leurs articles qui appartiennent à l’éditeur. Par contre, ils prétendent qu’ils ne sont payés que pour publication dans le média qui paye leur salaire. Si leurs articles sont repris dans d’autres publications, ils voudraient que leur rémunération soit bonifiée en conséquence. Ils craignent aussi que le nombre de journalistes soit éventuellement réduit avec l’augmentation des pages remplies par des contenus de provenance extérieure. La façon dont une entreprise gère ses produits ne regarde pas les travailleurs. En conséquence, parce qu’ils sont les mieux payés de leur industrie, les journalistes du Journal devraient donner plus de souplesse à leur employeur quitte à renégocier leurs conditions de travail dans la convention collective suivante s’ils réalisent qu’il y a une utilisation abusive du fruit de leur travail.
Je ne suis pas un lecteur du Journal de Montréal. Par contre, je consulte quotidiennement Canoë, le site Internet de Québécor où sont publiés plusieurs articles du Journal. Il y a beaucoup de gens qui ne s’informent pas autrement qu’en lisant l’édition papier. Ce serait dommage que la qualité de l’information qui n’est déjà pas de premier niveau baisse encore de plusieurs crans à la faveur d’une longue grève.
Allez jeter un œil sur mon autre blogue en cliquant ci-dessous. Merci.
http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/
Publié par : jacqueso à 10:10:21Permalien
Comments :
Catégories : politique, actualité, société, opinion


